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Cass. Soc. 11.04.1995 n°9342761 (Jurisprudence JL n°J173316)

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  • L'essentiel de la note de synthèse

Cour de Cassation Chambre sociale 11 avril 1995 n°9342761, Jus Luminum n°J173316

Niveau de juridiction National, Suprême
Juridiction Cour de Cassation
Formation Chambre sociale
Date
Numéro 9342761
Numéro Jus Luminum J173316
Président M. WAQUET conseiller
Zone géographique fr
Langue fr
Dernière mise à jour 05.12.2007

Audience publique du 11 avril 1995 Cassation partielle

N° de pourvoi : 93-42761

Inédit Président : M. ZZX. conseiller

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le pourvoi formé par la caisse d'allocations familiales de la Moselle, dont le siège est 4, boulevard de Pontiffroy à Metz (Moselle), agissant en la personne de ses représentants légaux en exercice, domiciliés audit siège, en cassation d'un jugement rendu le 7 mai 1993 par le conseil de prud'hommes de Metz (section encadrement), au profit : 1 / de M. Luc Bibaut, demeurant ...ZWS. eau à Metz (Moselle), 2 / de M. PUW. Franc, demeurant ... Méjanes à Metz (Moselle), 3 / de M. Gilbert Madec, demeurant ... Dalstein à Metz (Moselle), 4 / de M. PRQ. Olejniczak, demeurant ... Benelle à Marly (Moselle), 5 / de M. Jean-Marie Provo, demeurant ... Sainte-Barbe (Moselle), 6 / de M. Pierre Sornette, demeurant ... Pouilly (Moselle), 7 / de M. Daniel Tholey, demeurant ... Fontenotte à Metz (Moselle), défendeurs à la cassation ;

EN PRESENCE DE : - M. le préfet de la région, domicilié 9, place de la Préfecture à Metz (Moselle), représenté par M. le directeur régional des affaires sanitaires et sociales -DRASS-, cité administrative à Strasbourg (Bas-Rhin), LA COUR, composée selon l'article L. 131-6, alinéa 2, du Code de l'organisation judiciaire, en l'audience publique du 28 février 1995, où étaient présents : M.ZZX. , conseiller le plus ancien faisant fonctions de président, Mlle Sant, conseiller référendaire rapporteur, M. Ferrieu, Mme Ridé, conseillers, M. Martin, avocat général, Mme Ferré, greffier de chambre ;

Sur le rapport de Mlle le conseiller référendaire Sant, les observations de la SCP Guiguet, Bachellier et Potier de la Varde, avocat de la caisse d'allocations familiales de la Moselle, les conclusions de M. Martin, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

Attendu qu'un avenant du 30 juin 1971 à la convention collective du personnel des organismes de sécurité sociale a institué au profit des mères de famille, un congé supplémentaire de deux jours ouvrés par enfant à charge de moins de 15 ans ;

que modifiant ce texte, un avenant du 22 février 1990, a étendu, à tous les agents des organismes de sécurité sociale, le bénéfice de ce congé supplémentaire par enfant à charge de moins de 15 ans ;

que les salariés ont saisi la juridiction prud'homale de demandes en paiement d'indemnités compensatrices de ce congé supplémentaire non pris ;

Sur le premier moyen :

Attendu que la Caisse d'allocations familiales de la Moselle fait grief au jugement attaqué de l'avoir condamnée à payer aux salariés, une indemnité compensatrice, alors, selon le moyen, que le droit à congé ne naissant que pendant la période de référence, un salarié ne peut prétendre bénéficier de droits nouveaux qui auraient été institués non pas pendant cette période, mais pendant la période de prise des congés ;

qu'ainsi, en décidant que les salariés pouvaient bénéficier dès la période de prise de congé du 1er mai 1989 au 30 avril 1990 d'un congé supplémentaire pour les salariés de sexe masculin ayant un enfant de moins de 15 ans institué par un avenant à la convention collective en date du 22 février 1990, le conseil de prud'hommes a violé l'article 2 du Code civil et les articles L. 223-2, L. 223-7 et R. 223-1 du Code du travail ;

Mais attendu que le droit aux congés ne devenant effectif que le jour où le salarié est admis à en jouir, l'étendue des droits du salarié doit être déterminée, par application des dispositions législatives ou conventionnelles en vigueur, à cette date ;

que la période de prise de congé 1989-1990 n'étant pas expirée lorsque le bénéfice du congé supplémentaire a été étendu au personnel de sexe masculin, le conseil de prud'hommes a décidé, à bon droit, que les intéressés pouvaient, dès cette période, se prévaloir de l'avenant ;

que le moyen ne saurait être accueilli ;

Mais sur le second moyen : Vu les articles L. 223-2 et L. 223-11 du Code du travail ;

Attendu que pour condamner l'employeur à payer aux salariés des indemnités compensatrices de congés non pris pour la période non couverte par la prescription, le conseil de prud'hommes a retenu que selon les articles L. 119 du traité de la CEE du 25 mars 1957 et L. 140-2 du Code du travail, tout avantage payé par l'employeur au travailleur en raison de son emploi constitue une rémunération ;

qu'aux termes de l'article L. 140-4 du Code du travail, toute disposition figurant notamment dans un accord collectif de travail et qui, contrairement aux articles L. 140-2 et L. 140-3 du même code, comporte pour un des travailleurs des deux sexes, une rémunération inférieure à celle des travailleurs de l'autre sexe pour un même travail ou un travail de valeur égale, est nulle de plein droit et la rémunération plus élevée dont bénéficient ces derniers travailleurs est substituée de plein droit à celle que comportait la disposition entachée de nullité ;

Attendu, cependant, que si l'indemnité de congés payés constitue une rémunération au sens des articles 119 du traité de la CEE du 27 mars 1957 et L. 140-2 du Code du travail, elle ne peut, au titre d'une même période, se cumuler avec le salaire ;

Qu'en statuant comme il l'a fait alors que le salarié n'avait pas soutenu, qu'au cours des périodes litigieuses, il avait demandé à bénéficier du congé supplémentaire et que l'employeur s'y était opposé, le conseil de prud'hommes n'a pas donné de base légale à sa décision ;

PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, mais seulement en ses dispositions concernant les congés antérieurs à ceux de la période du 1er mai 1989 au 30 avril 1990, le jugement rendu le 7 mai 1993, entre les parties, par le conseil de prud'hommes de Metz ;

remet, en conséquence, quant à ce, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit jugement et, pour être fait droit, les renvoie devant le conseil de prud'hommes de Thionville ;

Condamne les défendeurs, envers la caisse d'allocations familiales de la Moselle, aux dépens et aux frais d'exécution du présent arrêt ;

Ordonne qu'à la diligence de M. le procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit sur les registres du conseil de prud'hommes de Metz, en marge ou à la suite du jugement partiellement annulé ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre sociale, et prononcé par M. le président en son audience publique du onze avril mil neuf cent quatre-vingt-quinze.

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