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CAA Lyon 31.12.2003 n°97LY02419 (Jurisprudence JL n°J219521)

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  • Droit de l'expertise 2009-2010

Cour administrative d'appel de Lyon 2ème chambre - formation à 3 31 décembre 2003 n°97LY02419, Jus Luminum n°J219521

Niveau de juridiction National, Intermédiaire
Juridiction Cour administrative d'appel de Lyon
Formation 2ème chambre - formation à 3
Date
Numéro 97LY02419
Numéro Jus Luminum J219521
Président M. CHEVALIER
Zone géographique fr
Langue fr
Dernière mise à jour 08.02.2008

Lecture du 31 décembre 2003

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour le 22 septembre 1997, présentée par la SAS Casino France, dont le siège social est 24, rue de la Montat à Saint-Etienne (Loire), représentée par son président, la SA Casino Guichard-Perrachon, représentée elle-même par M. Pascal Rivet ;

La SAS Casino France demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement n° 9601415 - 9601419 - 9601420 - 9601831 à 9601837 du Tribunal administratif de Lyon du 1er juillet 1997 rejetant les conclusions des demandes en réduction des cotisations de taxe professionnelle auxquelles la SNC Casino France, aux droits de laquelle elle vient, a été ou reste assujettie au titre de l'année 1993,

- dans les rôles de la commune de Saint-Chamond, à raison de sa succursale n° 0032 située 4, rue François Gillet,

- dans les rôles de la commune de Saint-Genest-Malifaux, à raison de sa succursale n° 0079 située 2, place Maréchal Foch,

- dans les rôles de la commune de Saint-Priest-en-Jarez, à raison de son supermarché n° 952 situé à Ratarieux,

CNIJ : 19-03-04-04

- dans les rôles de la commune de Saint-Etienne, à raison de ses succursales n° 0065 située 13, rue Tardy, n° 0002 située 8, place Paul-Louis Courier, n° 0004 située 76, rue des Passementiers, n° 0066 située 63, rue Michelet, n° 0070 située 11, rue du 11 Novembre, n° 0072 située 12, rue des docteurs Charcot et n° 0088 située 9, rue Emile Reymond ;

2°) de prononcer les réductions restant en litige ;

3°) de condamner l'Etat à lui payer une somme de 128,10 francs au titre des frais exposés à l'occasion du présent litige et non compris dans les dépens ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

Vu le code de justice administrative ;

Vu le code du travail ;

Vu l'ordonnance n° 2000-916 du 19 septembre 2000 portant adaptation de la valeur en euros de certains montants exprimés en francs dans les textes législatifs, ensemble le décret n° 2001-373 du 27 avril 2001 ;

Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 4 décembre 2004 :

- le rapport de M. RAISSON, premier conseiller ;

- et les conclusions de M. BONNET, commissaire du gouvernement ;

Considérant que la SCA Casino Guichard-Perrachon et Cie et la SA La Ruche Méridionale ont, le 30 avril 1991, fait apport à la SNC Casino France de divers actifs parmi lesquels figuraient, dans le département de la Loire,

- à Saint-Chamond, la succursale n° 0032 située 4, rue François Gillet,

- à Saint-Genest-Malifaux, la succursale n° 0079 située 2, place Maréchal Foch,

- à Saint-Priest en Jarez, le supermarché n° 952 situé à Ratarieux,

- à Saint-Etienne :

les succursales n° 0065 située 13, rue Tardy, n° 0002 située 8, rue place Paul-Louis Courier, n° 0004 située 76, rue des Passementiers, n° 0066 située 63, rue Michelet, n° 0070 située 11, rue du 11 Novembre, n° 0072 située 12, rue des docteurs Charcot, et n° 0088 située 9, rue Emile Reymond ;

qu'à raison de ces établissements, la SNC Casino France a été assujettie à des cotisations de taxe professionnelle au titre de l'année 1993 ;

que la SAS Casino France venant aux droits et obligations de la SNC Casino France, demande à la Cour de lui accorder une réduction plus importante des impositions refusée par le Tribunal administratif de Lyon ;

Sur l'étendue du litige :

Considérant que par des décisions en date des 23 octobre 1998, 26 octobre 1998 et 3 novembre 1998, postérieures au dépôt de la requête devant la Cour, le directeur des services fiscaux de la Loire a prononcé au titre des cotisations en litige, des dégrèvements d'un montant :

de 989 francs pour l'établissement de Saint-Chamond,

de 932 francs pour celui de Saint-Genest-Malifaux,

de 27 575 francs pour celui de Saint-Priest en Jarez,

de 971 francs pour celui situé 13, rue Tardy à Saint-Etienne,

de 1 570 francs pour celui situé 8, place Paul-Louis Courier à Saint-Etienne,

de 1 592 francs pour celui situé 76, rue des Passementiers à Saint-Etienne,

de 1 013 francs pour celui situé 63, rue Michelet à Saint-Etienne,

de 1 019 francs pour celui situé 11, rue du 11 Novembre à Saint-Etienne,

de 717 francs pour celui situé 12, rue des docteurs Charcot à Saint-Etienne,

et de 634 francs pour celui situé 9, rue Emile Reymond à Saint-Etienne ;

que, dans cette mesure, les conclusions de la requête de la SAS Casino France sont devenues sans objet ;

Sur les conclusions de la SAS CASINO FRANCE relatives à la réduction des cotisations de taxe professionnelle restant en litige :

En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :

Considérant qu'aux termes de l'article 1467 du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable : La taxe professionnelle a pour base : 1°...a) la valeur locative,..., des immobilisations corporelles dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478,b) les salaires au sens de l'article 231-1versés pendant la période de référence;

qu'au sens du 1 de l'article 231 du même code, les salaires s'entendent des salaires versés par l'employeur ;

qu'aux termes de l'article 1478 du même code, dans sa rédaction alors applicable : I. La taxe professionnelle est due pour l'année entière par le redevable qui exerce l'activité le 1er janvierII. En cas de création d'un établissement autre que ceux mentionnés au III, la taxe professionnelle n'est pas due pour l'année de la créationPour les deux années suivant celle de la création, la base d'imposition est calculée d'après les immobilisations dont le redevable a disposé au 31 décembre de la première année d'activité et les salaires dus au titre de cette même annéeCes deux éléments sont ajustés pour correspondre à une année pleineIV. En cas dePZW. gement d'exploitant, la base d'imposition est calculée pour les deux années suivant celle duPZW. gement dans les conditions définies au II, deuxième alinéa;

qu'aux termes de l'article 310 HS de l'annexe II à ce même code : Pour effectuer les corrections à apporterau montant des salaires, en application des II à IV de l'article 1478 du code général des impôts, tout mois commencé est considéré comme un mois entier. ;

qu'aux termes du 2ème alinéa de l'article L. 122-12 du code du travail : S'il survient une modification dans la situation juridique de l'employeur, notamment par succession, vente, fusion, transformation de fonds, mise en société, tous les contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de l'entreprise. ;

qu'aux termes de l'article L. 122-12-1 du même code : A moins que la modification visée au deuxième alinéa de l'article L.122-12 n'intervienne dans le cadre d'une procédure de règlement judiciaire ou de liquidation de biens ou d'une substitution d'employeur intervenue sans qu'il y ait eu de convention entre ceux-ci, le nouvel employeur est, en outre, tenu, à l'égard des salariés dont les contrats de travail subsistent, des obligations qui incombaient à l'ancien employeur à la date de cette modification. Le premier employeur est tenu de rembourser les sommes acquittées par le nouvel employeur en application de l'alinéa précédent, sauf s'il a été tenu compte de la charge résultant de ces obligations dans la convention intervenue entre eux. ;

Considérant, d'une part, qu'il résulte de l'instruction que la convention d'apport partiel d'actif à la SNC Casino France par la SCA Casino Guichard-Perrachon et Cie et la SA La Ruche Méridionale approuvée le 30 avril 1991 lors de l'assemblée générale par les associés de la SNC Casino France stipule au paragraphe 6 du titre premier de son chapitre troisième : Spécialement en ce qui concerne le personnel, la société Casino France SNC sera subrogée, à compter du jour de la réalisation de l'apport, dans le bénéfice et les charges des contrats de travail de tous les salariés affectés à l'exploitation de la branche d'activité apportéeLa société Casino France SNC, pour les salariés transférés, paiera les salaires, fixes et proportionnels, et autres avantages, y compris les congés payés (notamment ceux restant dus au jour de la réalisation de l'apport), ainsi que toutes les charges sociales et fiscales y afférentes. ;

que dans ces conditions, tant au regard des stipulations de cette convention que des dispositions précitées des articles L. 122-12 et L. 122-12-1 du code du travail, la SNC Casino France était l'employeur de ces salariés à compter du 30 avril 1991 ;

que les salaires du mois d'avril 1991 étant dus par le nouvel employeur, ils devaient être pris en compte pour le calcul de la cotisation de taxe professionnelle de la SNC Casino France au titre de l'année 1993, quand bien même lesdits salaires auraient été effectivement payés, comme le soutient la société requérante, par les sociétés apporteuses ;

Considérant, d'autre part, que la modification apportée au II, 2ème alinéa, de l'article 1478 du code général des impôts par l'article 96 de la loi n° 92-1376 du 30 décembre 1992 portant loi de finances pour 1993 aux termes duquel : Au deuxième alinéa du II de l'article 1478 du code général des impôts, les mots les salaires versés sont remplacés par les mots : les salaires dus au titre de cette même année s'applique au calcul des cotisations de taxe professionnelle établies au titre de l'année 1993, et non, comme le soutient la société requérante, aux seules créations d'établissements ouPZW. gements d'exploitant survenus aux cours de cette même année ;

que par conséquent les salaires dus au titre du mois de décembre 1991 devaient eux aussi être pris en compte pour le calcul de la cotisation de taxe professionnelle de la SNC Casino France au titre de l'année 1993, quand bien même ils n'auraient été versés aux salariés qu'en janvier 1992 ;

En ce qui concerne l'application de la doctrine administrative :

Considérant que pour soutenir que les salaires d'avril 1991 versés début mai 1991 ne pouvaient être pris en compte dans la base imposable, la société requérante ne peut se prévaloir, sur le fondement du deuxième alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe 163 de l'instruction administrative du 30 octobre 1975 publiée au bulZQO. n officiel de la direction générale des impôts sous la référence 6 E-7-75 aux termes de laquelle : La masse salariale dont il est tenu compte pour l'établissement de la taxe professionnelle correspond au montant des salaires qui doivent être déclarés annuellement à l'aide de l'imprimé DADS 1, dès lors que cette instruction concerne expressément l'application du 1°- b de l'article 1467 du code général des impôts, et non celle des II et IV de l'article 1478 de ce même code, seule en litige ;

Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le montant des salaires à prendre en compte dans la base d'imposition à la taxe professionnelle due pour l'année 1993 par la SNC Casino France à raison de chacun des établissements qui lui ont été apportés le 30 avril 1991 devait comporter le montant total des salaires dus au personnel desdits établissements au titre des mois d'avril à décembre 1991, ajusté pour correspondre à une année pleine selon le rapport 12/9ème ;

que la société requérante ne soutient ni même n'allègue que les cotisations auxquelles a été assujettie la SNC Casino France au titre de cette année auraient été établies sur la base de montants de salaires supérieurs à ceux qui résultent des modalités ci-dessus exposées ;

que, par suite, à hauteur des cotisations de taxe professionnelle restant en litige, la SAS Casino France n'est pas fondée à se plaindre de ce que le Tribunal administratif de Lyon, par son jugement en date du 1er juillet 1997, a rejeté les conclusions des demandes de la SNC Casino France ;

Sur les conclusions de la SAS Casino France relatives aux frais exposés à l'occasion du litige et non compris dans les dépens :

Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, reprenant celles de l'article L. 8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, de condamner l'Etat à payer à la SAS Casino France la somme de 19,53 euros (128,10 francs) qu'elle demande au titre des frais exposés par elle en appel et non compris dans les dépens ;

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la SAS Casino France relatives à la réduction des cotisations de taxe professionnelle auxquelles la SNC Casino France a été ou reste assujettie au titre de l'année 1993, à hauteur des dégrèvements prononcés par le directeur des services fiscaux de la Loire, portant sur un montant :

de 717 francs pour celui situé 12, rue des docteurs Charcot à Saint-Etienne

et de 634 francs pour celui situé 9, rue Emile Reymond à Saint-Etienne.

Article 2 : L'Etat versera à la SAS Casino France une somme de 19,53 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la SAS Casino France est rejeté.

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