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{\title LA COUR DE JUSTICE DES COMMUNAUTES EUROPEENNES (grande chambre) }{\author }{\operator }{\creatim\yr2005\mo4\dy12\hr17\min51}{\revtim\yr2005\mo4\dy12\hr17\min51}{\version2}{\edmins1}{\nofpages29}{\nofwords11209}{\nofchars63892}{\*\company }
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\ql \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\f2\fs20\cf1
\par }\pard \qc \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1 LA COUR DE JUSTICE DES COMMUNAUTES EUROPEENNES (grande chambre)
\par
\par Michel Trojani et Centre public d'aide sociale de Bruxelles (CPAS).
\par
\par
\par
\par
\par
\par ARRET DE LA COUR
\par
\par Affaire C-456/02 du
\par
\par }\pard \ql \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1
\par
\par }\pard \qc \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1 7 septembre 2004
\par
\par }\pard \ql \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1
\par
\par
\par
\par }\pard \qc \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1 Libre circulation des personnes - Citoyennet\'e9 de l'Union europ\'e9enne - Droit de s\'e9
jour - Directive 90/364/CEE - Limitations et conditions - Personne travaillant dans une maison d'accueil en \'e9change d'avantages en nature - Droit aux prestations de l'assistance sociale [Demande de d\'e9cision pr\'e9judicielle form\'e9
e par Tribunal du travail de Bruxelles le 21 novembre 2002 dans l'affaire Michel Trojani contre Centre public d'aide sociale de Bruxelles]
\par
\par }\pard \ql \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1
\par
\par
\par
\par
\par
\par Dans l'affaire C-456/02, ayant pour objet une demande de d\'e9cision pr\'e9judicielle au titre de l'article 234 CE, introduite par le Tribunal du travail de Bruxelles (Belgique), par d\'e9cision du 21 novembre 2002 , parvenue le 18 d\'e9
cembre 2002, dans la proc\'e9dure Michel Trojani Centre public d'aide sociale de Bruxelles (CPAS), 1 La demande de d\'e9cision pr\'e9judicielle porte sur l'interpr\'e9
tation des articles 18 CE, 39 CE, 43 CE et 49 CE, de l'article 7, paragraphe 1, du r\'e8glement (CEE) n\'b0 1612/68 du Conseil, du 15 octobre 1968 , relatif \'e0 la libre circulation des travailleurs \'e0 l'int\'e9rieur de la Communaut\'e9
(JO L 257, p. 2), tel que modifi\'e9 par le r\'e8glement (CEE) n\'b0 2434/92 du Conseil, du 27 juillet 1992 (JO L 245, p. 1, ci-apr\'e8s le `r\'e8glement n\'b0
1612/68 `), ainsi que de la directive 90/364/CEE du Conseil, du 28 juin 1990 , relative au droit de s\'e9jour (JO L 180, p. 26). 2 Cette demande a \'e9t\'e9 pr\'e9sent\'e9
e dans le cadre d'un litige opposant M. Trojani au centre public d'aide sociale de Bruxelles (ci-apr\'e8s le `CPAS`) au sujet du refus de ce dernier de lui octroyer le minimum de moyens d'existence (ci-apr\'e8s le `minimex`). Le cadre juridique La r\'e9
glementation communautaire 3 Selon l'article 18 CE: `1. Tout citoyen de l'Union a le droit de circuler et de s\'e9journer librement sur le territoire des Etats membres, sous r\'e9serve des limitations et conditions pr\'e9vues par le pr\'e9sent trait\'e9
et par les dispositions prises pour son application. [...]` 4 L'article 39, paragraphe 1, CE est libell\'e9 comme suit: ` La libre circulation des travailleurs est assur\'e9e \'e0 l'int\'e9rieur de la Communaut\'e9.` 5 Aux termes de l'article 39, pa
ragraphe 3, CE, la libre circulation des travailleurs `comporte le droit, sous r\'e9serve des limitations justifi\'e9es par des raisons d'ordre public, de s\'e9curit\'e9 publique et de sant\'e9 publique: [...] c) de s\'e9
journer dans un des Etats membres afin d'y exercer un emploi conform\'e9ment aux dispositions l\'e9gislatives, r\'e9glementaires et administratives r\'e9gissant l'emploi des travailleurs nationaux, [...]` 6 La directive 90/364 pr\'e9voit \'e0
son article 1er, paragraphe 1: `Les Etats membres accordent le droit de s\'e9jour aux ressortissants des Etats membres qui ne b\'e9n\'e9
ficient pas de ce droit en vertu d'autres dispositions du droit communautaire, ainsi qu'aux membres de leur famille tels qu'ils sont d\'e9finis au paragraphe 2, \'e0 condition qu'ils disposent, pour eux-m\'eames et pour
les membres de leur famille, d'une assurance-maladie couvrant l'ensemble des risques dans l'Etat membre d'accueil et de ressources suffisantes pour \'e9viter qu'ils ne deviennent, pendant leur s\'e9
jour, une charge pour l'assistance sociale de l'Etat membre d'accueil.` La r\'e9glementation nationale 7 L'article 1er de la loi du 7 ao\'fbt 1974 , instituant le droit \'e0
un minimum de moyens d'existence (Moniteur belge du 18 septembre 1974, p. 11363), dispose: `1. Tout Belge ayant atteint l'\'e2ge de la majorit\'e9 civile, qui a sa r\'e9
sidence effective en Belgique et ne dispose pas de ressources suffisantes et n'est pas en mesure de se les procurer soit par des efforts personnels, soit par d'autres moyens, a droit \'e0 un minimum de moyens d'existence. [...]` 8 Aux termes de l'ar
ticle 1er de l'arr\'eat\'e9 royal du 27 mars 1987 (Moniteur belge du 7 avril 1987, p. 5086), \'e9tendant le champ d'application de la loi du 7 ao\'fbt 1974 instituant le droit \'e0 un minimum de moyens d'existence \'e0 des personnes ne poss\'e9
dant pas la nationalit\'e9 belge: `Le champ d'application de la loi du 7 ao\'fbt 1974 instituant le droit \'e0 un minimum de moyens d'existence est \'e9tendu aux personnes suivantes: 1\'b0 celles qui b\'e9n\'e9ficient de l'application du r\'e8
glement (CEE) n\'b0 1612/68 du 15 octobre 1968 du Conseil des Communaut\'e9s europ\'e9ennes relatif \'e0 la libre circulation des travailleurs \'e0 l'int\'e9rieur de la Communaut\'e9; [...]`
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\par
\par
\par }\pard \ql \li5\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin5\itap0 {\f2\fs20\cf1 Le litige au principal et les questions pr\'e9judicielles
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\par 9 M. Trojani est un ressortissant fran\'e7ais qui, apr\'e8s un court s\'e9jour en Belgique en 1972, pendant lequel il aurait exerc\'e9 une activit\'e9 d'ind\'e9pendant dans le secteur des ventes, y est retourn\'e9 en 2000. Il a r\'e9sid\'e9
sans inscription d'abord dans un camping \'e0 Blankenberge et \'e0 partir de d\'e9cembre 2001 \'e0 Bruxelles. Apr\'e8s un s\'e9jour \'e0 l'auberge de jeunesse Jacques Brel, il a \'e9t\'e9 accueilli, \'e0 partir du 8 janvier 2002, dans un foyer de l'Arm
\'e9e du Salut o\'f9, en \'e9change de son h\'e9bergement et d'un peu d'argent de poche, il effectue diverses prestations d'environ 30 heures par semaine dans le cadre d'un projet individuel d'insertion socioprofessionnelle.
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\par 10 Sans ressources, il s'est adress\'e9 au CPAS afin d'obtenir le minimex au motif qu'il doit payer 400 euros par mois \'e0 la maison d'accueil et avoir aussi la possibilit\'e9 de sortir de celle-ci et de vivre de mani\'e8re autonome.
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\par
\par 11 La d\'e9cision de rejet du CPAS, motiv\'e9e par le fait que, d'une part, M. Trojani n'avait pas la nationalit\'e9 belge et que, d'autre part, il ne pouvait pas b\'e9n\'e9ficier de l'application du r\'e8glement n\'b0 1612/68 , a fait l'objet
d'un recours devant le Tribunal du travail de Bruxelles.
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\par
\par 12 La juridiction de renvoi a reconnu \'e0 M. Trojani le droit \'e0 percevoir une aide financi\'e8re provisionnelle de 300 euros pay\'e9e par le CPAS. Elle a \'e9galement d\'e9cid\'e9 de surseoir \'e0 statuer et de poser \'e0 la Cour les questions pr\'e9
judicielles suivantes:
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\par `1) Un citoyen de l'Union se trouvant dans la situation de fait d\'e9crite dans le pr\'e9sent jugement
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\par - se trouvant en s\'e9jour r\'e9gulier provisoire,
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\par - ne disposant pas de ressources suffisantes,
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\par
\par - accomplissant des prestations au profit de la maison d'accueil \'e0 concurrence de plus ou moins 30 heures par semaine dans le cadre d'un projet individuel d'insertion,
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\par - b\'e9n\'e9ficiant en contrepartie d'avantages en nature couvrant ses besoins vitaux dans la maison d'accueil elle-m\'eame,
\par
\par
\par
\par peut-il revendiquer un droit de s\'e9jour
\par
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\par
\par - en qualit\'e9 de travailleur au sens de l'article 39 CE ou de l'article 7, paragraphe 1, du r\'e8glement n\'b0 1612/68 , ou
\par
\par
\par
\par - en qualit\'e9 de travailleur exer\'e7ant une activit\'e9 non salari\'e9e au sens de l'article 43 CE, ou
\par
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\par
\par - en qualit\'e9 de prestataire, vu ses occupations \'e0 la maison d'accueil ou de destinataire, b\'e9n\'e9ficiaire de prestations de services, vu ses avantages en nature accord\'e9s par cette maison, au sens de l'article 49 CE, ou
\par
\par
\par
\par - simplement du fait qu'il est ins\'e9r\'e9 dans le cadre d'un projet visant \'e0 son insertion socioprofessionnelle?
\par
\par
\par
\par }\pard \ql \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1 2) Dans la n\'e9gative, peut-il se pr\'e9valoir directement de l'article 18 CE garantissant le droit de circuler librement et de s\'e9
journer sur le territoire d'un autre Etat membre de l'Union, en sa seule qualit\'e9 de citoyen europ\'e9en?
\par
\par
\par
\par Que deviennent alors les conditions impos\'e9es par la directive 90/364 [...] et/ ou 'les limitations et conditions' pr\'e9vues par le trait\'e9 CE et notamment la condition du minimum de ressources qui, si elle est appliqu\'e9e \'e0 l'entr\'e9
e du pays d'accueil, le priverait du contenu m\'eame du droit de s\'e9journer?
\par
\par
\par
\par Si, au contraire, le droit de s\'e9jour est acquis automatiquement sur base de la citoyennet\'e9 de l'Union, l'Etat d'accueil pourrait-il ult\'e9
rieurement refuser une demande de minimex ou d'aide sociale (prestations non contributives) en coupant son droit de s\'e9jour au motif qu'il n'a pas de ressources suffisantes alors que ces prestations sont accord\'e9es aux re
ssortissants du pays d'accueil sous r\'e9serve de conditions qui sont \'e9galement exig\'e9es des Belges (preuve de sa disposition au travail - preuve de son \'e9tat de besoin)?
\par
\par
\par
\par Le pays d'accueil doit-il ob\'e9ir \'e0 d'autres r\'e8gles pour ne pas vider le droit de s\'e9jour de son essence m\'eame, par exemple appr\'e9
cier la situation au regard du fait que la demande de minimex ou d'aide sociale serait temporaire, par exemple tenir compte du principe de la proportionnalit\'e9 (la charge pour cet Etat serait-elle d\'e9raisonnable)?`
\par
\par
\par
\par Sur les questions pr\'e9judicielles
\par
\par
\par
\par }\pard \ql \li5\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin5\itap0 {\f2\fs20\cf1 Sur la premi\'e8re question
\par
\par
\par
\par 13 Par sa premi\'e8re question, la juridiction de renvoi demande en substance si une personne se trouvant dans une situation telle que celle du requ\'e9rant au principal peut revendiquer un droit de s\'e9jour en qualit\'e9 de travailleur salari\'e9
, de travailleur non salari\'e9 ou de prestataire ou destinataire de services, au sens respectivement des articles 39 CE, 43 CE et 49 CE.
\par
\par
\par
\par 14 Dans le cadre de la libre circulation des travailleurs, il convient de rappeler, \'e0 titre liminaire, que l'article 39, paragraphe 3, sous c), CE, accorde aux ressortissants des Etats membres le droit de s\'e9
jour sur le territoire d'un Etat membre afin d'y exercer un emploi.
\par
\par
\par
\par 15 Ainsi que la Cour l'a jug\'e9, la notion de `travailleur`, au sens de l'article 39 CE, rev\'eat une port\'e9e communautaire et ne doit pas \'eatre interpr\'e9t\'e9e de mani\'e8re restrictive. Doit \'eatre consid\'e9r\'e9
e comme ` travailleur` toute personne qui exerce des activit\'e9s r\'e9elles et effectives, \'e0 l'exclusion d'activit\'e9s tellement r\'e9duites qu'elles se pr\'e9sentent comme purement marginales et accessoires. La caract\'e9
ristique de la relation de travail est, selon cette jurisprudence, la circonstance qu'une personne accomplit pendant un certain temps, en faveur d'une autre et sous la direction de celle-ci, des prestations en contrepartie desquelles elle touche une r\'e9
mun\'e9ration (voir, notamment, arr\'eats du 3 juillet 1986 , Lawrie-Blum, 66/85, Rec. p. 2121, points 16 et 17, et du 23 mars 2004, Collins, C-138/02, non encore publi\'e9 au Recueil, point 26).
\par
\par
\par
\par 16 En outre, la nature juridique sui generis de la relation d'emploi au regard du droit national, pas plus d'ailleurs que la productivit\'e9 plus ou moins \'e9lev\'e9e de l'int\'e9ress\'e9 ou l'origine des ressources pour la r\'e9mun\'e9ration
ou encore le niveau limit\'e9 de cette derni\'e8re ne peuvent avoir de cons\'e9quences quelconques sur la qualit\'e9 de travailleur au sens du droit communautaire (voir arr\'ea
ts du 23 mars 1982 , Levin, 53/81, Rec. p. 1035, point 16; du 31 mai 1989, Bettray, 344/87, Rec. p. 1621, points 15 et 16, ainsi que du 19 novembre 2002, Kurz, C-188/00, Rec. p. I-10691, point 32).
\par
\par
\par
\par 17 S'agissant plus particuli\'e8rement de la v\'e9rification de la condition relative \'e0 l'exercice d'activit\'e9s salari\'e9es r\'e9elles et effectives, la juridiction de renvoi doit se fonder sur des crit\'e8res objectifs et appr\'e9
cier globalement toutes les circonstances de l'affaire ayant trait \'e0 la nature tant des activit\'e9s concern\'e9es que de la relation de travail en cause (voir arr\'eat du 6 novembre 2003 , Ninni-Orasche, C-413/01, non encore publi\'e9
au Recueil, point 27).
\par
\par
\par
\par 18 A cet \'e9gard, la Cour a jug\'e9 que ne peuvent pas \'eatre consid\'e9r\'e9es comme des activit\'e9s \'e9conomiques r\'e9elles et effectives celles qui ne constituent qu'un moyen de r\'e9\'e9ducation ou de r\'e9insertion
des personnes qui les exercent (arr\'eat Bettray, pr\'e9cit\'e9, point 17).
\par
\par
\par
\par 19 N\'e9anmoins, cette solution ne s'explique que par les particularit\'e9s du cas d'esp\'e8ce, caract\'e9ris\'e9 par la situation d'une personne qui, en raison de sa toxicomanie, avait \'e9t\'e9 engag\'e9e sur la base d'une r\'e9
glementation nationale destin\'e9e \'e0 fournir du travail \'e0 ceux qui, pour une dur\'e9e ind\'e9termin\'e9e, ne sont pas en mesure, en raison de circonstances tenant \'e0 leur \'e9tat, de travailler dans des conditions normales (voir, en ce sens, arr
\'eat du 26 novembre 1998 , Birden, C-1/97, Rec. p. I-7747, points 30 et 31).
\par
\par