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\ql \li0\ri0\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin0\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 \snext0 Normal;}{\*\cs10 \additive Default Paragraph Font;}}{\info{\title COUR EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME }{\author }
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{\*\pnseclvl1\pnucrm\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl2\pnucltr\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl3\pndec\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl4\pnlcltr\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta )}}{\*\pnseclvl5
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{\pntxtb (}{\pntxta )}}{\*\pnseclvl9\pnlcrm\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxtb (}{\pntxta )}}\pard\plain \ql \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\f2\fs20\cf1
\par }\pard \qc \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1 COUR EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME
\par
\par DEUXI\'e8ME SECTION
\par
\par }\pard \ql \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1
\par
\par }\pard \qc \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1 ARRET
\par
\par }\pard \ql \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1
\par
\par }\pard \qc \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\b\f2\fs20\cf1 N\'b0 26338/95 DU }{\f2\fs20\cf1 20 JUILLET 2004
\par
\par }\pard \ql \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1
\par
\par }\pard \qc \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1 AFFAIRE I.R.S. ET AUTRES
\par
\par c. TURQUIE
\par
\par }\pard \ql \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f2\fs20\cf1
\par
\par
\par
\par
\par
\par PROC\'c9DURE
\par
\par
\par
\par 1. A l'origine de l'affaire se trouve une requ\'eate (no 26338/95) dirig\'e9e contre la R\'e9publique de Turquie et dont cinq ressortissants de cet Etat, I.R.S., F.E. (d\'e9c\'e9d\'e9e le 28 mars 2001), H.H.E., N.T.A. et H.N.E. (\'ab les requ\'e9rants
\'bb), avaient saisi la Commission europ\'e9enne des Droits de l'Homme (\'ab la Commission \'bb) le 11 janvier 1995 en vertu de l'ancien article 25 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libert\'e9s fondamentales (\'ab la Convention
\'bb). Le pr\'e9sident de la chambre a acc\'e9d\'e9 \'e0 la demande de non-divulgation de leur identit\'e9 formul\'e9e par les requ\'e9rants (article 47 \'a7 3 du r\'e8glement).
\par
\par
\par
\par 2. Les requ\'e9rants sont repr\'e9sent\'e9s par Me A. Sevimay, avocat \'e0 Ankara. Le gouvernement turc (\'ab le Gouvernement \'bb) n'a pas d\'e9sign\'e9 d'agent pour la proc\'e9dure devant la Cour.
\par
\par
\par
\par 3. Les requ\'e9rants all\'e9guaient que les faits de la cause constituent une violation de l'article 1 du Protocole no 1.
\par
\par
\par
\par 4. La requ\'eate a \'e9t\'e9 transmise \'e0 la Cour le 1er novembre 1998, date d'entr\'e9e en vigueur du Protocole no 11 \'e0 la Convention (article 5 \'a7 2 du Protocole no 11).
\par
\par
\par
\par 5. La requ\'eate a \'e9t\'e9 attribu\'e9e \'e0 la premi\'e8re section de la Cour (article 52 \'a7 1 du r\'e8glement). Au sein de celle-ci, la chambre charg\'e9e d'examiner l'affaire (article 27 \'a7 1 de la Convention) a \'e9t\'e9 constitu\'e9e conform
\'e9ment \'e0 l'article 26 \'a7 1 du r\'e8glement.
\par
\par
\par
\par 6. Le 1er novembre 2001, la Cour a modifi\'e9 la composition de ses sections (article 25 \'a7 1 du r\'e8glement). La pr\'e9sente requ\'eate a \'e9t\'e9 attribu\'e9e \'e0 la deuxi\'e8me section ainsi remani\'e9e (article 52 \'a7 1).
\par
\par
\par
\par 7. Par une d\'e9cision du 28 janvier 2003 , la chambre a d\'e9clar\'e9 la requ\'eate recevable.
\par
\par
\par
\par 8. Tant les requ\'e9rants que le Gouvernement ont d\'e9pos\'e9 des observations \'e9crites sur le fond de l'affaire (article 59 \'a7 1 du r\'e8glement).
\par
\par
\par
\par
\par
\par EN FAIT
\par
\par
\par
\par I. LES CIRCONSTANCES DE L'ESP\'e8CE
\par
\par
\par
\par 9. Les requ\'e9rants figuraient sur les registres fonciers pertinents parmi les copropri\'e9taires d'un terrain sis \'e0 Ergazi, \'e0 Ankara. Ce terrain est occup\'e9 depuis de longues ann\'e9es par un a\'e9roport militaire.
\par
\par
\par
\par 10. Le terrain \'e9tait enregistr\'e9 sur le registre foncier sous le num\'e9ro de parcelle 3237, lots nos 11, 13, 15, 17, 19, 23 et 26. Selon les \'e9l\'e9ments du dossier, 7/16 du lot no 11 (64 567 m2), 1/4 du lot no 13 (26 295 m2), 7/16
du lot no 15 (23 194 m2), 1/4 du lot no 17 (33 414 m2), 7/16 du lot no 19 (26 920 m2), 7/16 du lot no 23 (21 168 m2) et 1/4 du lot no 26 (11 097 m2) appartenaient \'e0 des particuliers, dont les requ\'e9rants. Le restant appartenait \'e0
la ligue d'aviation turque.
\par
\par
\par
\par 11. Selon les requ\'e9rants, leur propri\'e9t\'e9 correspondait \'e0 36 478 m2, dont les parts \'e9taient ainsi r\'e9parties : 2 146 m2 \'e0 I.R.S., 17 166 m2 \'e0 N.T.S., 5 006 m2 \'e0 H.N.S. et 12 160 m2 \'e0 H.H.E. Le Gouvernement ne s'est pas prononc
\'e9 sur cette question.
\par
\par
\par
\par 12. D'apr\'e8s les requ\'e9rants, \'e0 partir de 1983, leur partie du terrain fut entour\'e9e de barbel\'e9s et tout acc\'e8s en fut interdit par la direction de l'a\'e9
roport militaire, alors qu'ils la cultivaient avant cette date. Le Gouvernement conteste cette th\'e8se et pr\'e9tend que l'int\'e9gralit\'e9 du terrain litigieux relevait du domaine public et que, m\'eame partiellement, les requ\'e9
rants ne le cultivaient pas.
\par
\par
\par
\par 13. Le 2 novembre 1988, le minist\'e8re de la D\'e9fense saisit le tribunal de grande instance d'Ankara (\'ab le tribunal \'bb) d'une demande d'inscription au nom du Tr\'e9sor sur le registre foncier des biens immobiliers inscrits au nom des requ\'e9
rants et de la ligue d'aviation turque, en vertu de l'article 38 de la loi no 2942 relative \'e0 l'expropriation (paragraphe 24 ci-dessous). Il soutint notamment que le terrain en question \'e9tait occup\'e9
depuis 1955, sans interruption, par les forces a\'e9riennes et que les propri\'e9taires \'e9taient d\'e9chus de tous leurs droits, \'e9tant donn\'e9 que, durant cette p\'e9riode, ils n'avaient pas entam\'e9 d'action possessoire.
\par
\par
\par
\par 14. Le 29 juin 1992, le tribunal, accompagn\'e9 d'experts, effectua une expertise des lieux. Puis, il ordonna deux expertises technique et juridique qui furent effectu\'e9es les 9 octobre et 16 novembre 1992.
\par
\par
\par
\par 15. La partie pertinente du rapport d'expertise du 16 novembre 1992 peut se lire comme suit :
\par
\par
\par
\par \'ab Les constats qui ont \'e9t\'e9 effectu\'e9s permettent de conclure que la r\'e9gion en g\'e9n\'e9ral \'e9tait affect\'e9e de facto \'e0 l'utilisation du service public, en tant qu' a\'e9roport, nonobstant la pr\'e9sence de b\'e2
timents construits plus r\'e9cemment. De m\'eame, les parcelles litigieuses ont \'e9t\'e9 utilis\'e9es pour accomplir un service public depuis 33 ans \'e9tant au moins une zone de s\'e9curit\'e9 li\'e9e \'e0 des pistes de vol appartenant \'e0 l'a\'e9
roport d'Etimesgut qui fut transf\'e9r\'e9 aux forces a\'e9riennes en 1955. \'bb
\par
\par
\par
\par L'expertise nota toutefois que le libell\'e9 de l'article 38 de la loi no 2942 ne saurait passer pour compatible avec la Constitution, \'e9tant donn\'e9 qu'\'e0 la suite de l'entr\'e9e en vigueur de cette loi, aucun d\'e9lai ne fut accord\'e9
aux particuliers pour r\'e9clamer une indemnisation.
\par
\par
\par
\par 16. Les requ\'e9rants contest\'e8rent les conclusions factuelles des rapports d'expertises. Ils soutinrent que le d\'e9lai de prescription n'avait pas expir\'e9 et que leur terrain n'\'e9tait occup\'e9 par l'a\'e9roport m
ilitaire que depuis 1983. En outre, arguant de l'inconstitutionnalit\'e9 de l'article 38 de la loi no 2942, ils demand\'e8rent l'examen de cette disposition par la Cour constitutionnelle.
\par
\par
\par
\par 17. Par un jugement du 25 mai 1993, le tribunal d\'e9cida d'annuler le titre de propri\'e9t\'e9 des requ\'e9rants et d'ordonner son inscription au nom du Tr\'e9sor public. Il consid\'e9ra que les conditions pr\'e9
vues par l'article 38 pouvaient passer pour remplies, dans la mesure o\'f9 le terrain litigieux \'e9tait occup\'e9 par l'administration pour cause d'utilit\'e9
publique depuis plus de vingt ans sans interruption. Il appuya sa conclusion sur l'ensemble des \'e9l\'e9ments du dossier, notamment les conclusions des expertises, un document selon lequel les biens litigieux \'e9taient affect\'e9s \'e0
l'utilisation par des forces a\'e9riennes le 16 novembre 1955 et des croquis des lieux.
\par
\par
\par
\par 18. Quant \'e0 la demande de renvoi de l'article 38 de la loi no 2942 devant la Cour constitutionnelle, le tribunal la rejeta au motif qu'en vertu de l'article 15 provisoire de la Constitution, la non-conformit\'e9 d'une disposition \'e0
la Constitution promulgu\'e9e \'e0 la date de l'entr\'e9e en vigueur de cet article ne pouvait pas \'eatre soulev\'e9e.
\par
\par
\par
\par 19. Le 13 octobre 1993, les requ\'e9rants se pourvurent en cassation contre le jugement du 25 mai 1993.
\par
\par
\par
\par 20. Par un arr\'eat du 4 octobre 1994 , la Cour de cassation confirma le jugement de premi\'e8re instance.
\par
\par
\par
\par II. LE DROIT ET LA PRATIQUE INTERNES PERTINENTS
\par
\par
\par
\par A. La Constitution
\par
\par
\par
\par 21. L'article 35 de la Constitution dispose :
\par
\par
\par
\par \'ab Chacun jouit des droits de propri\'e9t\'e9 et d'h\'e9ritage.
\par
\par
\par
\par Ces droits ne peuvent \'eatre restreints par la loi que dans le but d'int\'e9r\'eat public.
\par
\par
\par
\par Le droit de propri\'e9t\'e9 ne peut s'exercer au d\'e9triment de l'int\'e9r\'eat g\'e9n\'e9ral \'bb.
\par
\par
\par
\par 22. Dans sa partie pertinente, l'article 46 de la Constitution, applicable \'e0 l'\'e9poque des faits, disposait :
\par
\par
\par
\par \'ab L'Etat et les personnes morales publiques sont habilit\'e9s \'e0 exproprier et \'e0 \'e9tablir des servitudes administratives, dans les cas et suivant la proc\'e9dure d\'e9termin\'e9s par la loi et moyennant une indemnit\'e9 pr\'e9
alable et correspondant \'e0 la valeur de la propri\'e9t\'e9 expropri\'e9e, sur en partie ou dans leur ensemble des biens immobiliers appartenant aux particuliers lorsque l'int\'e9r\'eat public l'exige. \'bb
\par
\par
\par
\par 23. A l'\'e9poque des faits, en vertu de l'article 15 provisoire de la Constitution, il n'\'e9tait pas possible de demander le contr\'f4le de constitutionnalit\'e9 des dispositions l\'e9gislatives - y compris la loi no 2942 du 4 novembre 1983 - adopt\'e9
es pendant la p\'e9riode transitoire apr\'e8s le coup d'Etat de 1980. Toutefois, par une r\'e9vision constitutionnelle intervenue le 3 novembre 2001, cette d\'e9rogation fut abrog\'e9e.
\par
\par
\par
\par B. La loi no 2942 du 4 novembre 1983
\par
\par
\par
\par 24. L'article 38 de la loi no 2942 du 4 novembre 1983 relative \'e0 l'expropriation se lit comme suit :